cromagnon

 

Le Sicilien est un homme de cro-magnon. D'ailleurs, au moment du choix du surnom, j'avais hésité entre les deux. Mais bon, le Sicilien, ça faisait bien ressortir en filigrane le côté macho / jaloux / colérique de mon rital de chéri (heureusement il a aussi des qualités hein). Et puis cro-magnon, c'est plus long à écrire. Et il y a un tiret. Fait chier le tiret.

 

 

 

En ce moment, le Sicilien va pas fort. Il travaille beaucoup, il est épuisé tout le temps. Et puis, il a sa tête des mauvais jours. Bref, mon Sicilien, y a quelque chose qui le travaille. Et comme je suis une chérie exceptionnelle et à l'écoute (con, quelle chance il a !), j'ai essayé de comprendre subtilement ce qui se passe...

" Chéri, je vois bien que ça ne va pas, il y a quelque chose qui te tracasse ? (oui oui, la subtilité de la chose, c'est qu'il n'y en a pas. Je vous rappelle que nous sommes face à un cro-magnon).

- Pffff. Oui je suis énormément préoccupé... Par tout.

- Tu veux m'en parler ?

- Non. t'inquiète, ça va, je me débrouille... Oooohh t'as vu le nouveau film qui vient de sortir ? Il a l'air terrible !"

 

.......... Ouais mais non. Objection votre honneur ! "Ca va, je me débrouille" n'est pas une réponse recevable. C'est le genre de réponse à la mord-moi-leneud (note à moi-même : chercher d'où vient cette expression que je ne sais même pas orthographier) qui a le don de me foutre en pétard...

 

Eh oh, le Sicilien, va falloir envisager de comprendre qu'on est deux maintenant hein ! Non mais moi, je dis ça au cas où tu te demanderais, perplexe, ce que fait cette sublime créature (oui je m'envoie des fleurs. Vous moquez pas, j'suis énervée, je peux mordre !) dans ton lit 4 matins par semaine depuis un an. Ca s'appelle un couple monsieur. Parfaitement. La même chose que quand, petit, tu jouais au papa et à la maman sauf qu'on a pris 20 ans (dans les dents) et que maintenant on sait comment on fait les bébés (heureusement, en parallèle, on sait aussi comment prendre la pilule).


Favim

 

 

Ouais, un couple. Et une des règles fondamentales du couple, monsieur le Sicilien, c'est de parler. Bouge pas, je t'explique : tu parles, j'te répond. Je te parle, tu m'réponds. Et on recommence. Et là paf ! (nooooon ça fait pas des chocapics) ça fait une conversation ! Ouuaaahhh révélation ! (Toi qui me lis, pour le coup, t'es pas déçue d'être passée hein).

 

 

Bon, remettons les choses en contexte (et arrêtons de faire comme si je lui parlait alors qu'il ne sait même pas que je tiens un blog). Ok, des conversations, on en a plein. Souvent, j'ai même des monologues parce que je kiffe bien le son de ma propre voix et que je suis une grande bavarde. Par contre, quand la discussion devrait porter sur quelque chose qui cloche, on oublie. Je sais pas si c'est propre au Sicilien ou s'ils sont tous comme ça mais j'ai du mal.

 

Déjà, il faut savoir que le concept du "je me débrouille" du Sicilien est toujours en phase de perfectionnement. Vous voyez, en soirée, le mec bourré qui porte 4 verres pleins en beuglant "T'inquiète, je gèèèèèèèère" ? Bah là c'est pareil. Avec des émotions à la place des verres.  (D'ailleurs, pourquoi tout le monde utilise-t-il l'esxpression "gérer" à partir du moment où l'on commence à ne plus rien gérer du tout ? Mystère.)

Bref, le Sicilien il gère très bien le refoulage d'émotions à l'intérieur de lui-même. Pareil avec le fait de ne pas parler de ce qui lui arrive. Par contre, il gère pas des masses son comportement extérieur. Mauvaise humeur, fatigue, air distant... Bah non, vous comprenez, ça je suis là pour le gérer...

Et puis, du coup, moi je suis frustrée : je dois faire comment si moi ça va pas ? Non parce que moi, j'ai besoin de parler quand j'ai un souci. Sauf que si lui ne me gonfle pas avec ses problèmes, est-ce que j'ai le droit de faire chier avec les miens ? Je vais finir par tenir une compta pour pas dépasser mon quota de réciprocité.

En plus, le Sicilien, c'est bien un mec (je sais ce que je dis, en un an j'ai eu l'occasion de vérifier moultes fois et de près). C'est à dire qu'il ne sait pas réfléchir. Si un truc le préocupe, il se prend le chou tout seul jusqu'à trouver plein d'autres trucs qui clochent.

Et, dans sa grande bonté, il finit toujours par me mettre dans le lot. Et allez la peur de l'engagement, la pression de la fidélité et autres joyeusetés.

Quatre fois en un an qu'il est dans cet état :
- 1 fois il m'a quitté
- les 3 autres, il s'est dit "qu'il n'était plus sûr de m'aimer".

Ok, à chaque fois il revient sur ce qu'il a dit mais à chaque fois ça fait mal.

 

Et sinon, moi comment ça va ? Oh bah moi, t'inquiètes, je me débrouille.