Ouais, je sais, je reviens avec un titre qui envoie du lourd dans la gamme joie, ciel bleu et petits zoziaux qui chantent.

Parce que là, rien qu'au titre, toi lectrice, tu sens bien que tous les malheurs contenus dans ma misérable existence depuis quelques mois vont te déferler sur le coin de la tronche pire que le tsunami sur les gentils asiatiques. Et t'auras pas tort.

Même que, je serais toi, je cliquerais illico sur la petite croix dans le carré rouge, là-haut sur la droite de ton écran. Et même que si tu faisais ça, tu l'aurais échappé belle.

 

Bon, égoïstement, j'espère quand même que vous resterez là pour me lire. Même si ça faisait tellement longtemps que je ne m'étais pas connectée que je ne me souvenais plus de mon mot de passe pour accéder à mon interface Canalblog. Et comme je n'ai pas l'Alzeihmer, je peux en déduire que je vous ai laissé tomber depuis un bon bout de temps.

Et j'en suis désolée.

Ce que je vous propose pour ce soir, c'est de laisser tomber pour la suite de l'article ma verve de "fille cynique mais comique ayant fait le plein d'autodérision". Je vous ferais marrer la prochaine fois, si vous voulez bien. Et je vais m'employer à combler les trous de ces derniers mois. Histoire que vous sachiez un peu où j'en suis avant que je recommence à vous raconter mon petit quotidien (et avant de recommencer à penser que vous allez trouver ça passionnant. Pitié, aimez-moi.).

 

Bon, je me lance. Désolée par avance pour le côté platement chronologique des choses mais je ne me sens pas capable d'autre chose pour ce soir.

 

J'ai arrêté d'écrire cet été, quand les choses sentaient le roussi avec le Sicilien. Trop de mensonges, trop de trahisons, trop d'incohérences... et pas assez d'attentions, ni de compréhension. Du même temps, je n'en ai pas parlé des masses ici mais ma grand-mère est tombée malade. Je passais beaucoup de temps avec elle à l'hôpital depuis début juin et ça a sérieusement entamé mon moral. Regarder une personne qu'on aime se faire bouffer par un cancer 3 jours par semaine, la faire manger à la petite cuillère et dormir a côté d'elle certaines nuits, ça vous change. Et ça a tendance à faire ressortir la dépressive qui sommeille en vous. Ca non plus, le Sicilien n'appréciait pas.

Mi-septembre, avec le Sicilien, on s'est séparés. Je vous avouerais que ça m'a fait ni chaud ni froid : j'étais en colère contre lui et puis je devais m'occuper de ma grand-mère. Bien sûr il me manquait mais je prenais la chose relativement bien.

Quinze jours plus tard, il est revenu. On a fait le plein de résolutions, tous les deux. On était heureux de se retrouver, tous les deux. On s'était manqué, tous les deux. On a décidé de repartir sur de nouvelles bases, tous les deux.

 

Là je fais une petite aparté, pour admettre que oui, ça pouvait sembler être une mauvaise idée. D'ailleurs, ce truc de repartir sur de nouvelles bases, après tous ces coups pourris de sa part, ça semble juste infaisable. Ouais. Sauf pour moi. Pour mon malheur, je suis une des seules filles que je connaisse totalement capable de repartir sur de nouvelles bases. Capable d'effacer d'un trait toutes les déceptions passées et de décider que toutes ces choses ne comptaient plus. Et de me relancer entièrement dans la relation comme si elle était toute neuve.

 

On est reparti de zéro, donc. C'était la dernière semaine de septembre et, en plus, j'avais trouvé un boulot pour octobre. Fini d'être la chômeuse, fini de ne pas vivre selon le même mode de vie. Et ça a super bien marché, on était heureux comme pas possible.

Le 7 octobre, ma grand-mère est décédée. Je ne m'étendrai pas sur le sujet, ça fait mal et je n'ai pas envie d'y repenser. Avec tous ces chamboulements dans ma vie privée et professionnelle, les dernières semaines, je n'avais pas pu aller la voir aussi souvent qu'avant. Pendant la séparation parce que je ne voulais pas qu'elle me voit triste et s'inquiète. Ensuite parce que son hôpital était à 1h30 de route et qu'avec le boulot, c'était compliqué. Elle est partie le matin du jour où je devais passer l'après-midi avec elle.

Le Sicilien a été extraordinaire. Il a été là pour moi, m'a soutenue autant à l'enterrement qu'à la maison. Le jour des obsèques, il a même dit à mon grand-père de tenir le coup parce que dans 2 ans, il viendrait à notre mariage. Il comptait me demander de l'épouser pour mes 28 ans, cet été.

Dans ma tristesse, j'étais heureuse qu'il soit là pour moi. De pouvoir enfin compter sur lui. Qu'il ai eu un déclic pendant notre séparation et qu'il ai décidé de s'engager, de construire son avenir avec moi. Je me disais que ma mamie devait nous voir de là-haut et être rassurée pour moi.

Tout allait bien. Bon, fin octobre, il a commencé à être un peu renfermé mais me disait qu'il avait des soucis au travail. Plausible. Surtout qu'à côté de ça, il ne se mettait pas en colère comme avant et ne me refusait plus sa confiance. On parlait gamins d'ici 3 ans, crédit immobilier. Le vrai petit couple heureux.

Le 7 novembre, un mois après le décès de ma mamie, on est allé se promener en forêt. Et là, il m'a annoncé qu'il me quittait. Parce que pendant les 15 jours de séparation, il y avait eu une autre fille. Parce qu'il n'avait pas envie de s'engager. Parce qu'il n'avait plus envie de devoir être fidèle.

Je suis tombée de très très haut. Toutes ces promesses, tous ces projets ne venaient jamais de moi mais de lui. J'essayais même de le freiner des fois (comme pour l'éventuel achat commun de maison l'année prochaine). Il m'avait juste menti. Depuis 2 mois, depuis 2 ans.

3 jours plus tard, il est venu déménager ses affaires. Ses meubles, ses fringues, ses dvd. Je me suis retrouvée dans un appart à moitié vide. Et j'ai dû le re-remplir. J'ai refait la déco, j'ai rangé toutes mes affaires en m'étalant le plus possible. Sinon je n'y arrivais pas.

 

Et maintenant, ça fait 3 semaines. Je me sens seule : il me manque, ma grand-mère me manque.

Alors, le soir je me couche toute seule et je me répète comme un mantra "il ne faut pas pleurer pour un menteur". Et j'évite de penser à ma mamie.

A part ça, ça va.

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