Le Couple, Internet, La Confiance et La Fidélité
Bon, on va commencer par la platitude du jour hein; comme ça, ce sera fait : être en couple, c'est pas de la tarte. Ça ne l'a jamais été.
Je ne sais pas si c'est parce que les femmes viennent de Vénus et les hommes de Mars mais je doute fort que le système solaire se soit incrusté dans l'affaire. Non, c'est juste que le couple, c'est l'art de se poser à 2 les questions qu'on avait pas tout seul (après la platitude, le dicton pourri. C'est cadeau).
Pour ma part, le plus compliqué dans la gestion couplale (mot dérivé de "couple". Inventé par moi. Ouais), c'est la confiance.
Parce que son caractère non-romantique, sa fâcheuse propension à la mauvaise foie et son insensibilité chronique, je gère. Par contre, j'ai plus de mal avec l'estime de moi et donc, par extension, avec la confiance en lui et donc, par extension, avec la sérénité dans mon couple.
Si on enlève les extensions et que j'essaie de faire une phrase compréhensible, ça veut dire que je suis jalouse et anxieuse. Tout simplement. Ouais, tout ça pour ça.
Bon, je ne désespère pas hein. Djà parce que je suis peut-être récupérable. Bah oui, le jour où j'aurai plus confiance en moi, j'aurai moins peur qu'on me quitte ou qu'on me trompe, non ? (Si vous pouviez répondre "Ouiiiiiii" toutes en coeur, ça me rassurerait. Merci d'avance gentilles lectrices).
Et puis, la jalousie, ce n'est pas un problème de société tout neuf hein. Ça ne date pas d'hier.
Bah oui, demandez un peu à Mémé Jocelyne si elle n'a pas serré les fesses quand Papé Raymond sortait au ciné avec des copains alors qu'elle était obligée de rester vierge jusqu'au mariage.
Demandez un peu à Tata Thérèse si elle n'a pas fouillé les poches de Tonton Jacky quand il rentrait d'une réunion de boulot tardive.
Mais, dans le couple nouvelle génération, a déboulé un nouveau fléau pour les jalouses de tout poil : Internet.
Bah oui, Internet, c'est la mondialisation de la tentation sexuelle, la légalisation de l'infidélité virtuelle, l'abolition des frontières de la monogamie. Internet a ammené de nouvelles questions dans les couples et de nouvelles anxiétés pour les jalouses.
Tout le monde connaît la fameuse et épineuse question "Est-ce qu'embrasser, c'est tromper ?" (la version moins soft demande si sucer, c'est tromper. Mais je ne pense pas qu'un seul homme réponde "non" à ça. A part peut-être celui qui a la kékette à l'air à proximité de votre bouche. Donc, sucer c'est tromper. Question existencielle résolue.)
Avec l'intronisation de l'Internet mondial dans nos vies, va falloir se poser de nouvelles questions et poser de nouvelles limites.
-Les sites pornos, faut-il accepter ou pas ?
- A quelle fréquence ?
- Les tchats, est-ce que je tolère ?
- et si c'est du tchat "sexy" ? (façon élégante de dire "de cul". Ça ne me ressemble pas d'être élégante sur ces sujets là, je m'épate)
- Et si c'est du tchat sexy mais qu'il n'y a jamais de rencontre IRL ?
- Et si il y a proposition de rencontre mais non concrétisée ?
- Et si ce sont des échanges virtuels avec une professionnelle (coooon ça, c'est vraiment la tristesse comme boulot. J'te raconte pas comme ça doit te dégoûter de l'espèce humaine).
- etc, etc, etc...
Ouais, ça a l'air prise de tête. D'ailleurs, ça l'est. Mais, avec Internet, le sexe se dissout dans les ondes et l'infidélité se virtualise. Les limites de ce que l'on accepte ou pas ont tendance à s'effacer. Et la part consciente de nos hommes a tendance à s'ammenuiser. Il est parfois difficile de se rendre compte qu'il y a de vraies personnes de l'autre côté de l'écran et qu'Internet n'est pas un monde à part, un univers parallèle. Où alors, ils s'en rendent parfaitement compte mais ça leur fait une excuse toute trouvée.
Donc, tu te prends la tête. Et tu doutes. Surtout quand, comme moi, tu a déjà été obligée de te poser quelques unes de ces questions à cause de certains agissements du Sicilien. Et, bien que ces agissements n'aient pas été réitérés (que je sache...), la confiance en prend quand même un coup. Paf, dans ta face ! Et là, ce n'est pas virtuel bien sûr.
Alors, où sont les nouvelles limites ? J'ai certaines réponses mais encore quelques doutes aussi... En attendant, je consulte attentivement l'historique de notre ordinateur. Sans trop savoir ce que je ferai si je trouvais "quelque chose".
Pffff ce serait tellement plus simple d'avoir confiance en lui et surtout en moi...
Je suis sûre que Tata Thérèse se disait la même chose en retournant les poches du futal de Tonton Jacky.
Le Canapé, La Télécommande, La TV et L'Homme
Depuis que je vis avec le Sicilien, je me rends compte que les hommes sont capables de nouer des liens très forts avec des objets inanimés.
Bien sûr, il y a l'inévitable relation privilégiée qu'ils vivent avec leur pénis. Sisi. Ils le tripotent, l'encouragent, lui parlent, le bichonnent, lui sourient... Franchement, vu tout le foin qu'il font autour de cette apendice pendouillante, je ne serais pas étonnée qu'un jour, les bites du monde suivent l'exemple des nains de jardin et s'associent dans un mouvement de libération. Et le pouvoir de la kékette s'étendra sur le monde.
Bon, à la base, en vous parlant d'objets inanimés, je ne comptais pas parler organes sexuels. Promis. C'est fou comme on a vite fait de déraper dans une flaque de mauvais goût...
Non, depuis que le Sicilien vit avec moi, j'ai remarqué qu'il exprime son trop plein d'affection à 3 objets : le canapé, la télécommande et la TV.
Le canapé qu'il aime occuper dans le sens de la longueur, voluptueusement étalé sur les coussins, la tête sur l'un des accoudoirs et les pieds sur l'autre.
La télécommande qu'il aime serrer dans sa main ou poser douilletement sur son ventre (dans la position canapale sus-mentionnée).
L'écran de la TV qu'il aime fixer sans relâche... du moins tant qu'il ne s'endors pas (bah oui, allongé, le sommeil vient plus vite hein).
Alors ok, cette affection débordante à l'encontre du mobilier du salon, me permets de voir que le Sicilien est un jeune homme au grand coeur. Qui est capable de distribuer de l'amour à plusieurs choses ? personnes ? centres d'attentions ?
Bref, j'me dis que c'est rassurant pour le jours où on aura des mouflets. Bah oui, ça évitera qu'il aime passionément et exclusivement le premier pour snober les autres. Il sait partager... au moins en 4 : moi / le canap / la télécommande / la TV. Donc je peux avoir 3 gamins. On se rassure comme on peut hein.
Parce qu'en fait, ça m'agace.
Avant, chez moi, c'était moi la reine. Quand je rentrais, la Bestiole Adorée se précipitait sur moi pour un câlin, je jetais mon manteau sur une chaise, je m'affalais sur le canapé et je saisissais la télécommande pour brancher la TV sur une chaîne choisie PAR MOI.
Maintenant, ça m'agace de mettre mon auguste fessier sur un pouf au lieu du canapé et de tous ses coussins moelleux.
Ca m'agace de me faire piquer la télécommande (et bien sûr, de voir la chaîne changer sans avoir rien demandé) sous prétexte que je la pose sur la table basse au lieu de la garder à la main comme un butin de guerre.
Ca m'agace de ne pas avoir le choix des images qui défilent sur l'écran (et oui, si le Sicilien n'aime pas le programme, il s'embête. Si il s'embête, il se transforme en gamin de 5 ans et il m'emmerde).

Genre, sur leur canap, il y a de place pour deux et lui, il lui demande son avis avant de changer de chaîne. Je me marre.
J'ai bien essayé de me caler sur le lit avec une comédie romantique dans l'ordinateur portable. Au bout de 15 min, il crie dans l'escalier : "Chériiiiiiiiie, tu fais quoiiiii ? Tu viens avec moi euh ?"
Bon, j'avoue, ça m'agace mais c'est mignon.
Par contre, j'men fous, mais j'ai mis une exlusivité sur Bestiole Adorée. Non mais.
Histoire de Culotte
Si il y a bien une chose que le Sicilien n'apprécie pas, c'est qu'on remette sa virilité en question.
Pas virilité dans le sens c'est qui qu'a la plus grosse / c'est qui le roi de l'orgasme / c'est qui le dieu du plumard, hein. Non non, de ce côté là, tout va bien, merci. Niveau de satisfaction nickel, on est heureux, tout va bien, petits oiseaux et ciel bleu.
Non là, quand je parle virilité, je veux dire qu'il supporte assez mal qu'on mette en doute sa place de mâââââle dominant dans le couple. Ca donne lieu à des discussions épineuses depuis plus d'un an. L'avantage, c'est que ça ne surprend plus. L'inconvénient, c'est que ça m'agace toujours autant.
En fait, le Sicilien tient un bar-resto-pmu dans un petit village et il est donc entouré d'un tas d'habitués bien intentionnés. Hum hum. Faut dire que, dans le temple du pastis, on aime bien donner des conseils non-sollicités sur la vie de couple d'autrui.
Il n'est donc pas rare que le Sicilien rentre le soir en me disant "Y a un client qui m'a dit que, vu comment tu parles, on dirait que c'est toi qui porte la culotte chez nous". Et paf ! Bouderie, câlinage, plates excuses... Le plus souvent, je ne comprend pas ce que j'ai pu faire qui ai pu susciter ce genre de remarques mais bon... Dans le doute, j'aplanis avant le conflit. Ah si ! La dernière fois, j'avais dit que je ne voulais plus que son chat dorme avec nous car il avait profondément griffé le Sicilien pendant la nuit. Paraît que quand j'ai dis ça, j'ai eu l'air de décider pour deux... Mouais. J'aplanis, j'aplanis.
Du coup, je me surveille. J'ai mis au point un numéro de gentille idiote sans cervelle, entièrement dévouée à son Seigneur et Maître.
Malheureusement, parfois, je m'oublie : je risque une blagounette ou une opinion personnelle... Et le soir, reviens immanquablement le :"Y a un client qui m'a dit que, vu comment tu parles, on dirait que c'est toi qui porte la culotte chez nous". Et paf ! Bouderie, câlinage, plates excuses...
Pffff note pour moi-même : ne pas plaisanter face à des gens qui ne se sont pas portés acquéreurs du lot 121 "Humour au second degré" aux enchères de la Vie.
Et essayer de comprendre comment faire pour concilier les envies du Sicilien : avoir une femme à la fois plante verte et dotée d'un caractère. Tout est question de dosage... comme pour la nitroglycérine quoi.
"Tu veux vivre avec Moi ?" "Euuuhhh..."
Hier après-midi, j'étais au bureau, occupée à me livre à une activité professionnelle passionante et hautement stimulante intellectuellement... Non, en vrai, j'étais en train de m'emmerder à plein tubes, comme une puce tombée d'un chien sur un sol carrelé. Et, du coup, j'étais en train de répondre en douce à l'interview que m'a envoyé Petite Salamandre et qui devrait apparaître un de ces jours sur son blog (ne vous inquiétez pas, je ne vais pas oublier de vous en reparler vu comment je suis overfière à cette perspective).
Bref, j'étais là, à taper à l'ordi avec un air terriblement concentré limite revêche pour ne pas que Boss Taré s'aperçoive de la supercherie et à surveiller mon portable. Oui parce que, quand je me fais chier, je guette mon portable. Il est le seul à m'apporter un peu de salut à base de vie sociale au milieu de mon marasme professionnel. Et là, paf ! texto du Sicilien.
Moi, j'aime bien recevoir des textos du Sicilien dans la journée alors je jette un coup d'oeil au Boss Taré, je me lève avec un sourire niais (seul garant de mon non-renvoi à ce jour) et, moi et mon portable, on sort s'en griller une.
Comme je suis une fille qui aime faire durer le plaisir, j'allume d'abord ma clope, je m'assois dans ma voiture (fais foid dehors. Dans ma région, il y a une saloperie appelée mistral : c'est l'ennemi du brushing et des mains douces) et j'ouvre le texto...
"Ca te dirait de vivre avec moi ?"
Putain. Bordel. Con. Bonheur dedans moi. Grand bonheur.
Dans mon petit coeur, ça se met à taper fort, je suis toute rouge, limite j'ai les larmes aux yeux. Je m'empresse de taper une jolie réponse. Non, ça n'a pas donné "Mais bien sûr, amour de ma vie, toit et moi jusqu'à la mort et encore audela", c'est pas trop le genre de la maison. Ca donnait plutôt "Oui bien sûr, à condition qu'il y ai du sexe tous les soirs". On a le romantisme qu'on peut, le mien est clairement interdit aux -16 ans.
Bon, la clope était finie, mon euphorie et moi, nous sommes retournées travailler (pour de vrai cette fois).
C'est en sortant du boulot, dans la voiture, que j'ai recommencé à réfléchir rationnellement. Et, comme j'en ai pour 30 min à rouler, j'ai eu le temps de me poser tout plein de questions.
1/ C'est quand même bizare tout ça. A Noël, on a eu une discussion sur le fait de vivre ensemble. Moi, je voyais ça pour cet été et lui, plus pour l'hiver prochain. Ouais, dans un an. Comme il m'a dit, "on a tout notre temps", pas super prêt le mec.
2/ Est ce que j'ai vraiment envie de vivre avec lui ? En fait oui, mais avec toutes les crises qu'on a connu, j'aimerais bien qu'il y ai eu au moins 6 mois sans problèmes avant de poser mon préavis.
3/ D'ailleurs, j'adore mon appart, son petit jardin et son immense dressing. J'ai la trouille de le quitter et que la cohabitation avec le Sicilien ne marche pas.
4/ Mon Sicilien, j'ai souvent l'impression qu'il a quelque chose à me cacher et je ne veux pas de secrets chez moi.
5/ Le Sicilien, si il se force à faire quelque chose, ça finit rarement bien...
Le soir, je lui ai demandé pourquoi il avait finalement décidé de me demander de faire vie commune dès maintenant. Il m'a expliqué (pfff je suis nulle en dialogue, cette partie du texte est d'une pauvreté littéraire affligeante) qu'il ne veut plus vivre sur son lieu de travail et que, puisqu'on pensait vivre ensemble d'ici un an, c'était idiot de prendre un appart pour 6 mois et de re-déménager ensuite pour vivre avec moi.
Oui, le raisonnement se tient. Mais, pour moi, la seule bonne raison de vouloir vivre avec moi, c'est d'avoir envie de s'endormir avec moi tous les soirs. Fuck off la logistique.
Le "tous les soirs" a fait tiquer le Sicilien (le terme logistique aussi d'ailleurs). Je lui ai demandé de bien réfléchir et que, s'il a encore la trouille, on attendra un an comme prévu. Il m'a promis d'y réfléchir, il avait l'air soulagé...
Heureusement que mon boulot n'est pas à côté de chez moi et que j'ai eu 30 min pour me poser des questions en voiture...
Si un jour il me demande de l'épouser, rappelez moi d'aller vider un plein sur l'autoroute avant de me précipiter.
J'ai Découvert un tas de Trucs... à Barcelone
Avec le Sicilien, je fais des découvertes. Ouais, chez nous c'est pas E=M6 mais j'me couche un peu moins con tous les soirs (ou presque. Des fois, je reste juste engluée dans ma personnalité mono-neuronale).
Donc des découvertes. Genre, la profondeur insondable de ma patience. genre, les associations culinaires improbables (champagne / McDo : à oublier. Tartine beurre / Nutella : à refaire... pas trop souvent). genre, les limites de la confiance que je peux accorder à quelqu'un. Genre, le potentiel sexuel insoupçonné d'un banc de musculation (ou comment me faire aimer le sport. Enfin, au moins l'équipement).
Dans la catégorie Découvertes, il y a une semaine, j'ai découvert Barcelone. et comme aujourd'hui, j'ai la flemme, je ne vais pas faire de longues phrases et je vais vous résumer ça en quelques points. Ce sera donc un article plein de compromis littéraires (ouais, ça veut dire que ça sera une liste. Mais, dis comme ça, ça envoyait plus du rêve).
Donc, BARCELONE :
* J'ai découvert qu'au lieu de mettre la déco dans les arbres à Noël, les arbres pouvaient DEVENIR la déco. En plus, en bleu et rose comme ça, ça avait un petit air "Belle au Bois Dormant" de Disney. Du coup, mon âme romantique ? niaise ? prépubère ? s'est réveillée et j'ai dansé dans la rue en chantant "Un jour, mon Prince viendra". Le Sicilien m'a dit d'arrêter de faire l'andouille et de la fermer. J'men fous, c'était beau et il ne me manquait que l'arrivée de mes-gentils-petits-amis-les-animaux-des-bois pour ouvrir un cirque et faire payer l'entrée. Et puis, le Sicilien était juste jaloux parce qu'il considère que mon prince est déjà arrivé. Et que c'est lui. C'est mignoooooon.
* J'ai découvert des hommes-statues plus délirants les uns que les autres sur La Rambla.
* J'ai découvert qu'on peut communiquer avec les singes lorsqu'on est allé faire un tour au zoo. J'ai d'ailleurs eu un débat de grimaces très animés avec un orang-outan. Et je me suis pris pour une super photographe animalière devant tous les enclos.
* J'ai découvert que les prix à H&M, à Berska et à Zara sont bien plus bas qu'en France. (Et le banquier découvrira à mon retour que j'ai fait exploser mon découvert).
* J'ai découvert que pour 65 € la nuit, tu peux avoir un hôtel avec une piscine sur le toit et une baignoire olympique dans ta chambre. (7 bains en 3 jours : quand ce n'est pas mon ballon d'eau chaude, je me lâche. Non, je ne suis pas écolo. Oui, c'est mal.)
* J'ai découvert le jingle insupportable du métro barcelonais "Ta ta tadaaaa Proxima Station..."
* J'ai découvert une cathédrale de fou qui semble sortie tout droit d'un Tim Burton : la Sagrada Familia (ou le monument qui a réussi à me faire fermer mon clapet plus de 10 min. Enorme. Magnifique. Paf dans ma face.)
* J'ai découvert KIKO ! (Aaahhh là j'ai réussi à récupérer celles qui avaient lâché en cours de route). Alors comment dire... Big Up à mon banquier !
* J'ai découvert un bar entièrement décoré comme dans une forêt enchantée (le "Bosc de les Fades"). Vous voyez les décors à eurodisney ? Et beh c'est pareil mais sans payer l'entrée (bon, sans les manèges mais au bout de quelques mojitos, t'as la tête qui tourne tout pareil).
* J'ai découvert que les jeans skinny, c'est trop mes amis. Même que j'en ai acheté deux. Même que j'ai un beau cul.
* J'ai découvert qu'un numéro de Cosmopolitain + l'Equipe, ça peut valoir 6 €. Ca m'a fait mal à mon (beau) cul.
* J'ai découvert que je sais sauter par dessus les portiques du métro avec des talons aiguilles (ouech, ouech, la classe).
* J'ai découvert que le Sicilien peut me faire danser dans la rue pour peu qu'il ait assez bu.
* J'ai découvert que l'appareil photo que m'ont offert mes parents à mon anniversaire fait des trop belles photos.
Un Sicilien. Une Chelsea. Un an
Le 25 décembre, ça a fait un an que je suis avec le Sicilien. Ouais, parce que nous, on est des originaux, on s'est dit que c'était la fête alors autant faire groupir. Et puis il n'y a rien de plus triste qu'un soir de Noël passé seul devant une daube télévisuelle après avoir passé 2 jours en famille à manger des bonnes choses. En plus, comme ça, aucun risque qu'on oublie la date.
Ca fait donc un an que nous avons échangé notre premier baiser. Un an aussi qu'on s'est envoyé en l'air pour la première fois. Bah ouais, c'est pas que je sois une fille facile (ou alors si) mais je préfère tester tout de suite si ça fait l'affaire. Quand vous achetez un nouveau rouge à lèvres, vous attendez plusieurs jours pour l'essayer vous ? Et beh pas moi, je m'en tartine allègrement la face au premier feu rouge en me regardant dans le rétroviseur (et j'en mets sur mes dents mais c'est pas le sujet). Pour les hommes, je fonctionne pareil, sous réserve que l'homme en question me plaise vraiment sur le début de la soirée quand même (remarque, je n'achète pas non plus de rouge à lèvres qui ne me plaise pas).
Putain, j'étais partie pour écrire un article plein d'amûûûûûr, de romantisme et on se retrouve avec de la comparaison de bas étage. On se refait pas, moi j'vous dis.
Tout ça pour dire que mon Sicilien, je l'aime.
C'est mon mec à moi - qui ne me parle des masses d'aventure- mais avec qui la vie est pleine de rebondissements, certains plus agréables que d'autres. On s'engueule, on se réconcilie, on se fait de la peine et on se crée du bonheur.
Des fois, je me dis que, plus ça va, plus je sens que ça risque d'être avec lui le grand ramdam à base d'appart, de repas en famille, de mariage, de compte joint et de gosses (mais pas de voiture-familiale-moche, pitié).
Avec lui et son sale caractère. Lui et ses cheveux tous frisés. Lui et son rire communicatif. Lui et ses colères terribles. Lui et ses peurs à propos de la vie de couple. Lui et ses bras avant de dormir. Lui et son nez tout plat. Lui et sa susceptibilité. Lui et son air de môme quand il veut un calin. Lui et son impatience. Lui et sa mauvaise foi. Lui et son humour sur mes défauts.
Lui et Moi quoi.
Profession Cocue
Le Sicilien, il porte bien son nom. Bien sûr, à la base, il est originaire de la petite île italienne mais il a aussi tout l'attirail de l'état d'esprit masculin made in Sicile. A base de machisme, ouais. Des fois, être la chérie du Sicilien, c'est un peu vivre dans Le Parrain. Mon couple, c'est la mafia.
Faut savoir que le Sicilien est jaloux. Genre vraiment. Le Sicilien, il se permet donc de faire plein de choses qui sembleraient pas bien réglos au commun des mortel mais comme il est le Sicilien... bah il a le droit (au pire, il prend le gauche).
Mon mec, ça lui est arrivé de venir devant chez moi au milieu de la nuit. Je dis bien "devant chez moi" et pas "chez moi" parce qu'il vient pas pour me faire un bisou surprise hein. Non, il vient voir si ma voiture est là. Une fois, j'ai dormi chez mes parents sans prévenir. J'ai bouffé du scandale pendant 2 jours. Il fouille mon ordi, mes mails, mon téléphone. Et il trouve ça normal.
Bien sûr, il trouve toujours quelque chose qui ne lui plait pas : un pote qui me surnomme "bichette", une copine qui m'appelle "morue"... Tout est bon pour m'accuser. Parce que non, le Sicilien, il ne s'embarasse pas la vie à angoisser, à chercher des preuves ou à demander confirmation. Non, il accuse. Cash Pistache.
Au début, j'ai trouvé ça mignon cette jalousie (oui, je suis assez conne de manière générale). J'ai pensé qu'il tenait à moi, qu'il avait peur de me perdre, qu'il avait du mal à faire confiance à cause d'anciennes relations...
Et puis, au bout d'un an et de bon nombre de choses mises bout à bout (je vous ai dis que j'étais conne, c'est confirmé), j'ai réalisé :
Oui, le Sicilien a peur. Que je sois comme lui.
Parce que, voyez vous, le Sicilien n'a pas vraiment la fidélité chevillée au corps. Et heureusement que je ne fouille pas dans ses affaires, parce que je suis sûre que je n'aurais pas à chercher bien loin pour trouver des trucs très limites. Des belles saloperies briseuses de coeur. Du comportement vomitatoire caractérisé.
Déjà, sans fouiller, j'ai un beau palmares en un an : messages cochons avec différentes nanas, drague sur sites de rencontres, jeu de séduction avec sa collègue de boulot... Sans oublier mensonges, mensonges et re-mensonges. Ah oui, tant que tu lui prouveras pas par A+B que tu sais, il niera jusqu'à la mort. Le Sicilien , on lui a greffé un instinct de survie illimitée.
Alors hier, j'ai craqué. Après un énième fouillage de sa part de mon ordi et de mon téléphone. Après une énième accusation rapport au fait que l'Ex Grand Amour m'a envoyé un message sur Facebook avec son numéro et que j'ai envoyé un texto pour prendre des nouvelles. Après tout ça, j'ai craqué.
Non parce que, honnêtement, si il pense que je suis du genre à relever ma jupe et à baisser mon string pour un ex qui m'a fait tout le mal du monde et que je n'ai pas vu depuis 2 ans et demi... C'est qu'il doit pas avoir une super opinion de moi hein. Alors à con, con et demi...
J'ai fouillé son Facebook (mot de passe : date de naissance. Pas besoin d'être pirate informatique pour trouver). Et je suis tombée sur une conversation bien graveleuse avec une pétasse finie (je la cite : "actrice prono, ça doit être un métier vachement agréaaaaable". Merci d'imaginer seules sa gueule de conne et son QI de mouche). Donc, avec la pétasse sus-nommée, il a passé 2 après-midi cet été. Apres avoir parlé cul 20 min sur Facebook. Lui, il était en vacances, moi je bossais. Rien d'écrit noir sur blanc mais moi, je vous le dis : le 18 août dernier, y a de grandes chances que j'ai été cocue.
Et, curieusement, ça ma moins fait mal que je pensais à de le lire.
Faut croire que dans le millefeuille des déceptions, j'en arrive à la phase du glaçage.
Manquera plus que la cerise sur le dessus.
Les Hommes ne Savent Pas Parler...
Le Sicilien est un homme de cro-magnon. D'ailleurs, au moment du choix du surnom, j'avais hésité entre les deux. Mais bon, le Sicilien, ça faisait bien ressortir en filigrane le côté macho / jaloux / colérique de mon rital de chéri (heureusement il a aussi des qualités hein). Et puis cro-magnon, c'est plus long à écrire. Et il y a un tiret. Fait chier le tiret.
En ce moment, le Sicilien va pas fort. Il travaille beaucoup, il est épuisé tout le temps. Et puis, il a sa tête des mauvais jours. Bref, mon Sicilien, y a quelque chose qui le travaille. Et comme je suis une chérie exceptionnelle et à l'écoute (con, quelle chance il a !), j'ai essayé de comprendre subtilement ce qui se passe...
" Chéri, je vois bien que ça ne va pas, il y a quelque chose qui te tracasse ? (oui oui, la subtilité de la chose, c'est qu'il n'y en a pas. Je vous rappelle que nous sommes face à un cro-magnon).
- Pffff. Oui je suis énormément préoccupé... Par tout.
- Tu veux m'en parler ?
- Non. t'inquiète, ça va, je me débrouille... Oooohh t'as vu le nouveau film qui vient de sortir ? Il a l'air terrible !"
.......... Ouais mais non. Objection votre honneur ! "Ca va, je me débrouille" n'est pas une réponse recevable. C'est le genre de réponse à la mord-moi-leneud (note à moi-même : chercher d'où vient cette expression que je ne sais même pas orthographier) qui a le don de me foutre en pétard...
Eh oh, le Sicilien, va falloir envisager de comprendre qu'on est deux maintenant hein ! Non mais moi, je dis ça au cas où tu te demanderais, perplexe, ce que fait cette sublime créature (oui je m'envoie des fleurs. Vous moquez pas, j'suis énervée, je peux mordre !) dans ton lit 4 matins par semaine depuis un an. Ca s'appelle un couple monsieur. Parfaitement. La même chose que quand, petit, tu jouais au papa et à la maman sauf qu'on a pris 20 ans (dans les dents) et que maintenant on sait comment on fait les bébés (heureusement, en parallèle, on sait aussi comment prendre la pilule).

Ouais, un couple. Et une des règles fondamentales du couple, monsieur le Sicilien, c'est de parler. Bouge pas, je t'explique : tu parles, j'te répond. Je te parle, tu m'réponds. Et on recommence. Et là paf ! (nooooon ça fait pas des chocapics) ça fait une conversation ! Ouuaaahhh révélation ! (Toi qui me lis, pour le coup, t'es pas déçue d'être passée hein).
Bon, remettons les choses en contexte (et arrêtons de faire comme si je lui parlait alors qu'il ne sait même pas que je tiens un blog). Ok, des conversations, on en a plein. Souvent, j'ai même des monologues parce que je kiffe bien le son de ma propre voix et que je suis une grande bavarde. Par contre, quand la discussion devrait porter sur quelque chose qui cloche, on oublie. Je sais pas si c'est propre au Sicilien ou s'ils sont tous comme ça mais j'ai du mal.
Déjà, il faut savoir que le concept du "je me débrouille" du Sicilien est toujours en phase de perfectionnement. Vous voyez, en soirée, le mec bourré qui porte 4 verres pleins en beuglant "T'inquiète, je gèèèèèèèère" ? Bah là c'est pareil. Avec des émotions à la place des verres. (D'ailleurs, pourquoi tout le monde utilise-t-il l'esxpression "gérer" à partir du moment où l'on commence à ne plus rien gérer du tout ? Mystère.)
Bref, le Sicilien il gère très bien le refoulage d'émotions à l'intérieur de lui-même. Pareil avec le fait de ne pas parler de ce qui lui arrive. Par contre, il gère pas des masses son comportement extérieur. Mauvaise humeur, fatigue, air distant... Bah non, vous comprenez, ça je suis là pour le gérer...
Et puis, du coup, moi je suis frustrée : je dois faire comment si moi ça va pas ? Non parce que moi, j'ai besoin de parler quand j'ai un souci. Sauf que si lui ne me gonfle pas avec ses problèmes, est-ce que j'ai le droit de faire chier avec les miens ? Je vais finir par tenir une compta pour pas dépasser mon quota de réciprocité.
En plus, le Sicilien, c'est bien un mec (je sais ce que je dis, en un an j'ai eu l'occasion de vérifier moultes fois et de près). C'est à dire qu'il ne sait pas réfléchir. Si un truc le préocupe, il se prend le chou tout seul jusqu'à trouver plein d'autres trucs qui clochent.
Et, dans sa grande bonté, il finit toujours par me mettre dans le lot. Et allez la peur de l'engagement, la pression de la fidélité et autres joyeusetés.
Quatre fois en un an qu'il est dans cet état :
- 1 fois il m'a quitté
- les 3 autres, il s'est dit "qu'il n'était plus sûr de m'aimer".
Ok, à chaque fois il revient sur ce qu'il a dit mais à chaque fois ça fait mal.
Et sinon, moi comment ça va ? Oh bah moi, t'inquiètes, je me débrouille.















