Donc, j'étais à la mer. Dons, mon téléphone a sonné. Donc, c'était la Caisse d'Epargne

caisse-d-epargne-ecureuil(au fait, si vous n'etes pas de gentilles lectrices me lisant assidument, vous pouvez trouver la première partie ici. Mais c'est pas bien. Na !).

La Caisse d'Epargne, je leur avais envoyé mon CV il y a 5 mois (en vrai, j'ai été pistonnée par un client du Sicilien, directeur d'agence. Mais ça ne se dit pas. Y paraît. D'un autre côté, si tu veux postuler tout seul à Caisse d'Epargne, j'te souhaite bien du courage.). Et j'avais eu un premier entretien il y a 4 mois. Autant vous dire que, étalée sur le sable telle une limace sur une laitue, la banque de l'écureuil ne faisait pas partie de mes conversations téléphoniques potentielles. Limite, si ça avait été Brad Pitt au téléphone, j'aurais été moins étonnée (bah quoi, il se rendra bien compte un jour qu'Angelina ne m'arrive pas à la cheville, non ? Il ne va pas mourir con ce garçon, quand même).

Bref, la gentille dame recruteuse dedans le téléphone m'explique qu'elle a un poste en CDD d'1 an près de chez moi et qu'elle aimerait me rencontrer. Ouais, parce que quand j'étais venue au siège, elle était en arrêt maladie pour 3 mois. Donc, si j'avais la gentillesse de banquer le train et de radiner mon cul à Marseille, ce serait bien. Même qu'elle en profiterait pour me faire faire la session de tests obligatoire avant de me recevoir. Et que tout ça, ce serait dans 3 jours. S'il vous plaît - merci - au revoir.

J'ai beau être une future entrepreneuse, une proposition comme ça, ça ne se refuse pas hein. Surtout que ma boîte, je pourrais toujours la monter à côté. Ouais, faut pas oublier que la banque, c'est 2 jours et demi de week end et 8 semaines de congés payés. Ca laisse un peu de temps à côté quoi.

Donc, rdv dans 3 jours.

J-3

Faudrait que j'achète le journal pour savoir ce qui se passe dans le monde. Ouais, parce qu'à force de ne jamais jamais jamais regarder les infos, je risque de passer pour une gourde. Sauf que je suis bien dans mon transat devant la mer... Bof, le monde attendra. Il ne va pas s'arrêter de tourner hein.

J-2

- Bon, la dame elle a dit qu'il y aurait le test du domino à passer. Google, c'est quoi ça ?
- Oulaaaaa mais c'est compliqué les dominos ! Panique, panique, panique...
- Lire le journal acheté ce matin.
- Acheter mes billets de train.

J-1

- Dominos, dominos, dominos. Panique, panique, panique.
- Merde, le train !
- Oups, le journal !

Jour J

- Dans le train à 7h15. Pfffff c'est tôt. Bouuuuuh j'suis pas du matin.
- Lecture du journal du jour. Au fait, c'est qui le premier ministre maintenant ?
- En salle de test : en avant les dominos ! Ca va, c'est pas trop dur. Bon, suffit de se concentrer. Comment ça "posez les stylos, l'apreuve est finie ?"
- Paraît que personne n'a jamais fini cette épreuve de dominos à la con. Même que l'épreuve est intentionnellement trop courte. Même que c'est la dame qui surveillait qui l'a dit. Et "putain de bordel de merde", je peux le dire moi ?
- La gentille dame du téléphone est encore en arrêt maladie. Ouais, après 3 mois, trois petits tours et puis s'en va. Ca me gonfle.
- On me fait passer un entretien avec une autre dame. Mais elle n'est pas très gentille celle-là. Bon, elle a le mérite d'être là, elle. Mais vers chez moi "c'est pas son secteur" qu'elle me dit. Donc, dans tous les cas, ce ne sera pas elle qui me recrutera. Faudra attendre la dame aux multiples arrêts maladie. Je suppose qu'elle me reçoit pour rentablisier mon billet de train.
- 12h10, je suis dans le train de retour.

J+1

- J'attends.

J+2

- J'attends

J+3

- Bon, la gentille dame a dû repartir en arrêt maladie pour 3 mois alors on va oublier hein. Retour à la petite entreprise. Autant, dans 6 mois, ils rappelleront.