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Quand tu te retrouves au chômage, il y a un réflexe primaire de survie : l'envoi de CV. Tu fais pas dans la dentelle hein,t'envoies tous azimuts : tu rédiges, tu imprimes, tu timbres et tu postes. Bon, en vrai, on n'est plus à l'âge de pierre alors tu réduis les frais logistiques grâce à l'Internet mondial. Ca évite de se ruiner en frais postaux (je te rappelle que tu es chômeuse donc PAUVRE. Ouais, la vie est une chienne) et de choper des crampes à la langueen léchant des timbres.

Mais la finalité est la même : t'es jeune chômeuse et tu veux que le monde entier le sache. Enfin, pas le côté fauchée-angoissée-licenciée mais plus le côté "Devinez quelle chance vous avez ? Je suis libre et prête à être embauchée ! Entreprises, à vos marques, prêtes ? Répondez !"

Con, pour peu, j'aurais commandé des faire parts. En plus, je bave dessus depuis des années et comme j'suis pas prête de me fiancer, ça aurait été l'occase hein.

Mais faut croire qu'un vieux fond de bon sens m'a retenu parce que je me suis contentée des CV. Je suis la sobriété faite femme (tout ricanement sera lourdement sanctionné).

Suite à cet épisode de multiples annonces officielles... tu attends. Des réponses aux CV sus-mentionnés. Mais comme attendre c'est long et chiant, tu finis par relancer. Ouais. En plus, tu as vu sur le site de l'Ami Pôle que c'est une démarche conseillée. Donc tu suis les conseils. CQFD.

Je peux d'ailleurs te dire que c'est au moment où tu tapes les numéros de téléphone les uns après les autres que tu te rends compte que t'as VRAIMENT envoyé beaucoup de CV ! (et aussi que le vernis à ongles a une durée de vie limitée en période de relance. On a déjà dit que la vie était une chienne ? Oui ? Bah voilà une nouvelle preuve).

Bon, pour être honnête, la relance téléphonique m'a juste servi à avoir l'impression d'être constructive. Parce qu'on m'a invariablement répondu... de continuer à attendre. Ouais.

Faut croire que lire un CV et décider s'il est intéressant ou pas est un dilemne insoluble. Quand on sait que certaines annonces étaient aussi ambitieuses que "Cherche vendeuses en fringues dégriffées, 10h / semaine, dans un entrepôt de Trifouillis-les-Oies", ça me laisse rêveuse. Même que je vous propôse de vous gausser toutes en coeur. C'est cadeau.

Pour revenir à la relance téléphonique, il y a une phrase consacrée qui revient tout le temps. Sisi. Un dicton du recruteur. Un must-have de la réponse professionnelle. Le fameux "Je reviens vers vous". Ah l'arnaque. Sans déconner, celui qui n'est jamais VENU vers toi, tu crois vraiment qu'il va REVENIR ? Je me marre tiens.

 

Donc, à ce niveau là, t'as bien compris que pour ta recherche de taf, tu l'as dans l'os. Ou dans le cul hein, ça dépend de ton quota de vulgarité (et de ton sentiment personnel envers la sodomie).

Deux solutions : soit tu t'effondres, tu traînes devant la TV avec la morve au nez et le paquet de mouchoirs à la main. Tu te renseignes sur les horaires d'ouverture de la soupe populaire. Tu te sens bonne à rien, tu ne te laves plus les cheveux et ta brosse à dents prend la poussière. Ouis, le désespoir c'est moche (ou alors, j'exagère. Pfff ça serait pas mon genre hein. J'suis une fille objective moi !).

Soit tu trouves un nouveau projet, tu gardes le poil brillant et l'haleine fraîche. (Oui, dans mon monde tout est noir ou blanc. C'est reposant)

 

Bref, moi, ma chevelure de soie et mon sourire Email Diamant, on s'est concentré sur la création de notre petite entreprise. J'en ai oublier d'attendre ceux qui devaient revenir vers moi tiens.

 

Faut croire que ces choses là, c'est comme la recherche de l'amour : c'est quand on s'y attend le moins que ça arrive. Bah les DRH, c'est quand tu passes 3 jours à la mer avec ta maman qu'ils appellent "Allô, Mlle Chelsea ? Ici la Caisse d'Epargne..."