héroine

Maintenant que je suis une future entrepreneuse, voire une future wonderwoman, voire une future millionnaire, ma vie a changé.

Sauf que, en fait non.

On pourrait s'attendre à ce qu'une montée d'inspiration m'ait fait poussé des ailes, à ce qu'une vague de dynamisme m'ait submergée, à ce que je regarde le monde d'un oeil neuf.

Sauf que, en fait non.

Oh, il ne faut pas croire que mon projet ne m'enthousiasme pas hein. C'est juste que... Bah rien n'a changé au quotidien.

Je me lève toujours à la même heure, je reste toujours à la maison toute la journée, j'ai toujours le ménage et les courses à faire... En fait, j'ai du mal à faire une différence entre ma vie de chômeuse et ma vie de future entrepreneuse. Du mal à me fixer des horaires, des tâches et des objectifs. Du mal à éteindre la TV. Du mal à me mettre en "mode efficacité".

Bien sûr, personne ne le sait, c'est entre moi et moi. Mais j'ai l'impression de ne pas être à la hauteur. Pourtant j'y crois, je sais que ça peut marcher et que je serai heureuse dans ce boulot.

C'est peut-être un reste de trouille : la peur d'aller du concept au concret. Parce que ce n'est pas un manque de motivation, ça c'est sûr. Mais, monter une entreprise, c'est se lancer dans l'inconnu, investir de l'argent et savoir prendre des risques.

Et moi, on ne dirait pas au vu de ce blog axtraordinairement cool que je tiens (les hochements de tête affirmatifs sont les bienvenus), mais je suis une fille prudente à tendance pessimiste.

Tout ça pour dire que j'ai le flippage facile.

Alors, tous les soirs, je me couche en me disant que demain, je me bougerai davantage le cul. Et je commence à y croire. Si vraiment je me persuade efficacement, je me rajoute au programme le ménage de l'appart, 1h de sport et une balade avec Bestiole Adorée. Et je suis overfière de moi par anticipation.

Mais, le lendemain matin, ma vision de moi en super femme d'affaires s'efface. Faut dire aussi que, dans la vision sus-mentionnée, j'ai 10 cm de jambes en plus, 5 kg en moins et les cheveux soyeux comme dans une pub l'Oréal. Ca n'aide pas à transposer dans la réalité hein.

Alors je me retrouve en pyj sur le canapé, ayant du mal à connecter 2 neurones avant 10h30 et suivant attentivement Les anges de la Téléréalité 4.

Et après, je m'en veux. Et puis je pense que je n'ai pas ce qu'il faut pour réussir à concrétiser mes projets. Du coup, ça me fait m'enfoncer encore plus dans mon canapé.

En termes scientifiques, on appelle ça extremitarius culpabilisatus ou cercle vicieux de merde.

Mais demain, promis, je décolle mon cul du canap et je me transforme en super-héroïne de l'entreprenariat. Et je fous un coup de pieds au cul à la trouille.