Le Syndrome de la Femme au Foyer
Con, les filles, je suis en train de me transformer en caricature de femme au foyer. Avant de pousser de hauts cris (ne vous fatiguez pas, ils ne traverseront pas les réseaux technologiques de l'Internet Mondial donc vous avez peu de chances de réussir à me péter les tympans), je tenais à dire que je n'ai jamais eu d'aversion pour les femmes au foyer. J'ai toujours considéré que c'était un travail à plein temps de faire marcher une maison.
Le souci, c'est que depuis que je suis à la maison, la perfection ménagère est en train de parasiter mon cerveau mono-neuronal de fille anxieuse.
En gros, ça veut dire que je me transforme en Bree Vandekamp. Les perles et le serre-tête en moins. Faut pas déconner non plus. C'est pas parce que le col Claudine revient en force dans les blogs mode que ce genre de petite chose ringarde est portable. Et non.
Quitte à vivre ma vie de Desperate Housewife, je n'aurais pas cracher sur le fait de me transformer en Gaby. Bah oui, j'aurais les cheveux qui se seraient allongés de 30 cm, un sourire Email Diamant et une femme de ménage pour les petites tâches désagréables du quotidien. En plus, Eva Longoria est une mini pouce et moi aussi; alors, ne venez pas me dire que je n'avais le potentiel hein.
Pour les deux autres par contre, c'était mort :
* Susan ne sait pas faire la cuisine et vit dans un joyeux bordel. Si elle habitait avec le Sicilien, il aurait vite fait de lui demander ce qu'elle peut bien foutre de ses journées, en rentrant du boulot le soir.
* Et Lynette... Bah elle a 5 enfants et moi, j'ai une grande affection pour ma plaquette de pilule. Donc...
Bref, je m'égare, je m'éloigne, je me perds. Recentrons (où l'art de se prendre pour un chien de berger).
Je suis donc atteinte d'une forme aïgue du syndrome de la femme au foyer. Et, je me fais beaucoup rire (ouais mais avec du recul hein. Donc pas de suite. Au moment où le syndrome s'empare de moi, je suis très sérieuse. Et d'autant plus ridicule).
Petit florilège de ce que subit le Sicilien (heureusement, il garde le sourire, ça doit venir du fait qu'il adore se foutre de ma gueule).
"T'as vu chéri, j'ai nettoyé tous les joints de la salle de bain ! Même que j'ai emprunté l'appareil à vapeur de ma mère pour le faire !" Non mais sérieux, LES JOINTS de la salle de bain ! J'attendais quoi là, un bon point ???
"Chériiiiiiiii, à taaaaable ! ... Viens maintenant, ça va refroidir. ... Allez chéri, j'ai fais la cuisine et après ça sera froid" Avec le recul, je me demande... mais qu'est-ce qu'il y aurait de grave dans le fait qu'il mange froid ??? Et puis, ce n'est pas comme si on n'avait pas de micro-ondes pour faire réchauffer.
D'ailleurs... "Chéri, tu penseras à mettre le truc en plastique par dessus ton assiette quand tu fais réchauffer ? Après, le micro-ondes est tout dégueu sinon".
"Chéri, pense à baisser le chauffage du salon quand tu monteras te coucher".
"Chéri, tu veux bien rentrer l'étendage pour qu'il ne prenne pas l'humidité de la nuit ?"
"Chéri, tu penseras à mettre ton linge sale à la panière ?"
"Chéri, tu pourras enlever tes chaussures ? J'ai fait les sols"
Pffffff faut que je me détende. Heureusement qu'on en rigole avec le Sicilien mais je me fatigue à moi-même. Le truc, c'est que j'ai peur que le Sicilien me prenne pour une feignasse si j'en fais moins. Du coup, j'essaie de tout bien faire.
Mais quand même, je commence à ressembler à Tatie Danielle. va falloir faire quelque chose avant d'avoir des verrues qui poussent et des poils de nez qui dépassent.
J'envisage un maraboutage, une séance d'hypnose ou un exorcisme... D'autres suggestions ?
Quand l'Amitié fait mal... Ou se fait la Malle
Il y a 12 ans, j'ai rencontré The Best One. Sous ce sobriquet tout droit sorti d'une phase pré-pubère adoratrice de Justin Bieber, je désigne ma meilleure amie. Celle qui a toujours été là toutes ces années, celle avec qui j'ai des délires intemporels, celle a qui j'ai toujours pu tout dire.
La vie ne m'a jamais parue vide parce que j'ai toujours su que The Best One était là, derrière moi, prête à me rattraper au vol quand je tombais. Et je dois avouer que je suis une grande adepte de la chûte libre sentimentale. Du saut en parachute amoureux (avec grosse tendance à oublier le parachute). Bref, au fil des ans, The Best One est passée experte dans l'art du passage de mouchoirs, du câlin réconfortant et de la blague ironique sur les-mecs-tous-des-salauds.
Ca fait cliché dit comme ça mais The Best One est comme ma soeur (d'un autre côté, elle se retrouve déjà estampillée d'un surnom 14 ans d'âge alors ce genre de banalité reste dans le ton). Une soeur en mieux, parce que choisie.
Quand on pense que tout a commencé il y a 12 ans, le jour de la rentrée, dans une salle de classe où nous nous étions retrouvée assise côte à côte par un "J'adore ton T-shirt"... La Vie nous réserve parfois de drôles de surprises. Surtout quand je me souviens que je n'aimais pas vraiment son T-shirt mais que lui dire "Je te trouve très jolie" aurait pu jeter une certaine ambiguité sur mes intentions.
Je pensais qu'on allait tout traverser, qu'on se marierait côte à côte, que nos gosses joueraient ensemble... Ouais, je me croyais dans un téléfilm américain. Mais j'y croyais dur comme fer.
Maintenant, j'ai l'impression que tout est en train de se casser la gueule.
(avec la petite image culcul qui va bien. D'ailleurs, je vous invite à taper "amitié" dans google images,
un temple du bon goût à base de bébés, chatons, fées et couleurs criardes)
The Best One déteste le Sicilien. Genre vraiment. Elle trouve que c'est quelqu'un qui ne vaut rien, qui ne me mérite donc pas, qui n'est ni beau ni intelligent ni intéressant. En gros, pour elle, je vis avec Mister Hyde.
A la base, le fait qu'elle ne l'aime pas ne me posais pas vraiment de problème. Ca ne l'empêchait pas de m'aimer, moi. Sauf que son animosité se voit. Beaucoup.
Tout a commencé quand le Sicilien m'a quitté au bout de 4 mois de relation parce qu'il ne se sentait pas prêt à se mettre en couple. Comme toujours, The Best One a été là pour ramasser à la petite cuillère moi, mon petit coeur brisé et mon nez tout morveux.
15 jours après, je me remettais avec le Sicilien. Prendre un peu de temps pour réfléchir et être sûr d'être avec la bonne personne ne me semblait pas insensé, même si ça m'avait fait de la peine. Mais The Best One ne l'a pas vu comme ça. Et elle me l'a expliqué clairement : " si tu te remets avec lui, ne viens pas me voir s'il te quitte à nouveau. Ca me bouleverse trop de voir dans quel état de tristesse tut te mets pour le reprendre quand même après".
Là, je m'étais dis que si elle avait envie de pleurer 10 ans à cause du même mec, je ne lui aurais jamais dis ça. J'aurais été là à chaque fois. Sauf qu'elle a plus de bon sens que moi donc je doute que ça arrive.
Donc, le Sicilien et moi, nous sommes restés ensemble mais tout n'a pas été rose. On a eu besoin de beaucoup de temps pour s'habituer à nos caractères respectifs. Avant de s'apprivoiser, il y a eu des colères, des cris et des larmes (même là, on est complémentaires : lui, il gueule et moi, je chouine). Quand ça n'allait pas, j'appelais The Best One, comme toujours. Je ne me rendais pas compte qu'elle finirait par le détester. Je pensais qu'elle prennait ma défense mais qu'elle serait heureuse si on arrivait à être heureux tous les deux.
Quand les choses se sont arrangées entre le Sicilien et moi, j'ai essayé de lui en parler. Mais elle ne s'est pas réjouie, non.
Maintenant, on en est là :
- quand le Sicilien fait quelque chose qui me fait de la peine, c'est un gros connard et je suis idiote de rester avec.
- quand il fait quelque chose qui me fait plaisir, c'est pour mieux m'embobiner et me soumettre à sa volonté.
Pour The Best One, dans mon couple, je suis une opprimée qui n'ose jamais rien dire, qui se laisse complètement écraser par un mec qui ne l'aime pas et qui reste avec elle pour le confort d'une relation avec une fille pas chiante. Je ne l'ai pas inventé, elle me l'a dis. Textuellement (mais en plusieurs fois, là j'ai fais un condensé).
A la pizzéria où on travaille ensemble, si je dis que je suis heureuse de vivre en couple, elle marmone "tant que ça dure".
Le Sicilien m'a préparé le repas ? "Il peut bien faire des efforts de temps en temps, non ?"
Le Sicilien s'est fait très élégant pour m'accompagner à une soirée ? "C'est pas comme si ça allait le rendre assez beau pour toi".
J'annule un apéro-fille ? "Ca y est, c'est le Sicilien qui a décidé que tu ne pouvais pas y aller".
Les réflexions sont permanentes. Et quand j'essaie de lui dire qu'il est gentil et attentionné (bien que colérique avec un sale caractère) , elle prend l'air sceptique comme si je mentais pour le défendre.
Résultat ? Je ne la vois plus, je ne l'appelle plus, je ne lui raconte plus rien. Et je me sens seule. Et triste.
Ma gueunon, je ne sais pas si tu me lis mais tu me manques.
Le Bonheur de Rester au Lit le Matin. Ou Pas.
Depuis un peu plus d'une semaine, je suis au chômage. Ca faisait 2 an et demi que ça ne m'était pas arrivé et, si on croit les chiffres du chomdu chez les jeunes, je peux me considérer comme une super héroïne. Ou quasiment. Ou carrément.
En plus, je ne suis pas encore officiellement chômeuse : je réalise à la maison ma période de préavis pré-prise d'effet de ma rupture conventionnelle de contrat. C'est beau les mots.
En vrai, ça veut dire que Boss Taré préfère gaspiller l'argent de l'entreprise à me laisser chez moi pour mon dernier mois obligatoire plutôt que me faire venir dans les locaux pour que je lui fasse gagner encore encore un peu de fric. (Cette phrase était d'une longueur sans fin, j'adresse mes excuses personnelles aux grands dieux de la syntaxe). Cet homme ? abruti ? fou furieux ? est une source d'admiration éternelle pour moi.
Du coup, j'en avais conclu que je pourrais faire des grasses mat sans culpabiliser et traîner en pyjama devant les téléfilms de M6. Oui, j'ai des rêves existentiels super évolués.
Ah oui, j'ai entrevu également la délicieuse possiblité de faire mon shampoing l'après-midi et avoir tout le temps de me lisser les cheveux ensuite (j'ai le poil capillaire crépu, le forcer à être lisse prend énormément de temps). Je m'épate d'ambitions.
Bref, j'ai déroulé dans ma tête un long défilé de moments de glande intense, tous autorisés par la phrase magique "De toutes façons, je ne peux pas retravailler avant un mois, je suis encore sous contrat avec Boss Taré". Hmmmm j'adore.
Ouais. Sauf que.
Le Sicilien emménage chez moi et j'ai donc dû trier et ranger l'intégralité de mes affaires pour lui faire de la place. Le Sicilien a chopé la crève et me l'a gentillement refilée. Le Sicilien est un homme, qui travaille beaucoup de surcroît, et mange donc un vrai repas le soir.
Je fais donc des grasses mat fiévreuses avec un paquet de mouchoirs, dans une chambre qui sent le spray à l'eucalyptus.
Je traîne en pyjama au milieu de piles de trucs à ranger / jeter / utiliser / remettre dans un coin / donner avec le téléfilm de la Six en fond sonore (malheureusement, mon cerveau shooté au sirop contre la toux ne comprend pas l'intrigue. Oui, mon sirop est très efficace).
Je me torture l'esprit avec deux questions récurrentes : que dois-je mettre dans mon caddy ? Et, avec tout ça, qu'est-ce que je fais à manger ce soir ? Il paraît qu'une brique de soupe et un yaourt ne suffisent pas à un homme de 25 ans. Moi, je dis que le concept de l'entrée - plat - dessert a été inventé pour m'emmerder. Si si, c'est un complot. J'en suis sûre.
Enfin, bienvenue dans ma vie de presque-chômeuse-pas-encore-glandeuse. Et le lavage de cheveux longue durée ? Oh beh, j'essairais de le caser entre deux cartons, un pshit à l'eucalyptus et un saut au supermarché.
Ou alors, je les garderai sales. Ce sera mon acte de paresse personnel.
Les P'tits Bonheurs (édition 4)
Ca y est, j'ai réussi à me détendre un peu, l'emménagement du Sicilien est quasi fini. Enfin, pas du tout en vrai mais j'ai fait ma part : j'ai trié et rangé toutes mes affaires pour lui faire de la place. Après, il faut juste que lui finisse par ammener ses affaires autrement qu'au compte goutte... Je crois que je serai encore en train de vous parler de l'avancée des choses la semaine prochaine !
LUNDI
Avoir réussi à monter l'énoooorme meuble (sujet du post précédent) toute seule.
MARDI
Une soirée avec des amis du Sicilien à la maison, la première fois que l'on invitait "chez nous" ! Bon, il y a un de ces potes qui mange comme un ogre et, du coup, je n'avais pas assez fait à manger mais on a bien rit !
MERCREDI
Mon chéri qui a été malade et qui est donc resté à la maison toute la journée. Un dimanche en pleine semaine !
Un petit repas au resto chinois le soir par flemme de faire à manger. Hmmmmmm
JEUDI
Couette et télé toute la journée avec Bestiole Adorée dans mes bras... bon j'étais malade à mon tour et ça, c'était moins cool.
VENDREDI
Remplacer le Sicilien pour le service du midi au resto où il travaille. Je n'aimerais pas retravailler en restauration tous les jours mais un service de temps en temps... ça fait du bien !
Regarder l'Apprentie Sorcière de Disney, que j'ai déniché en dvd il y a quelques jours. Plus de 10 ans que je ne l'avais pas vu ! Et le Sicilien a bien rigolé en m'entendant chanter toutes les chansons d'une voix de fausset !
SAMEDI
Manger le pot-au-feu de ma maman avec mes parents.
Avoir fait le ménage de l'appart à fond. Ouais, même les joints de la salle de bain. Et même l'intérieur du lave-vaisselle.
Réussir à dormir sans m'étouffer pour la première fois depuis 3 jours.
DIMANCHE
Avoir fait des muffins avec mon chéri.
Une énorme dispute finie en éclats de rire. Je crois que le chômage me tape sur les nerfs... Et j'ai des reproches à la Desperate Housewife des fois. Pffff
Ramener les pizzas et les manger devant la télé.
Et vous mes lectrices de mon coeur, des petits bonheurs ces derniers temps ?
Appelez Moi McGyver (si si, J'insiste)
Je suis une fille pleine de ressources. Ouais. Genre une super guerrière de la vie moderne, une aventurière des causes perdues, une indécrotable optimiste des situations désespérées. Et, pour le prouver, j'ai vécu il y a 3 jours une folle épopée : j'ai acheté un meuble à Conforama.
Par contre, soyez gentilles, ne m'inscrivez pas à Koh Lanta : je ne peux pas survivre avec du sable qui gratte dans mon maillot de bain, sans mes cigarettes et sans épilation.
Bon venez, je vous emmène avec moi pour un retour sur image, prenez votre guide des Castors Juniors et des antidépresseurs.
9h05. Je me réveille toute frétillante : aujourd'hui je vais acheter nos nouvelles commodes. Et oui, avec l'arrivée du Sicilien, il faut multiplier les rangements. Donc, on a repéré à Alinéa deux jolies commodes. En solde. Bonne maison.
10h20. Arrivée au rayon commodes chez Alinéa.
10h22. Euuuuh, elles sont où NOS commodes ?
10h23. Bonjour Gentil Monsieur Alinéa, dites, elles sont où NOS commodes ??? Comment ça, elles sont encore là mais la réduction est finie ??? J'ai une tête à les acheter 140 € l'une au lieu de 60 € comme prévu ???
10h31. Coup de fil au Sicilien pour l'informer du souci. Il me répond de trouver autre chose et qu'il me fait confiance. Le Sicilien est adorable... et moi, je suis dans la merde.
10h35. Sortie d'Alinéa. Sans meubles, avec mauvaise humeur.
10h47. Passage chez But. Tout est moche.
11h08. Passage chez Ikéa... Non, en fait, j'ai trouvé qu'il y avait déjà bien trop de chariottes dans le parking alors je ne me suis même pas garée. Fuck off la Suède.
11h26. J'arrive chez Conforama.
11h30. Oh ! Un joli meuble !
11h31. Oh ! Un autre !
11h32. Et merde.
11h33. J'hésite.
11h36. J'hésite toujours.
11h38. "Trois petits cochons, pendus au plafond..."
11h42. Pffff fais chier.
11h53. Allez hop ! Celui là !
11h59. J'ai payé, maintenant il faut réussir à faire rentrer le meuble dans ma mini voiture.
12h05. Bon, les cartons prennent une place folle mais si je me penche à 45° avec la tête tournée à 75° dans l'autre sens, j'arrive à conduire.
12h21. Ah chiotte, je n'arrive pas à sortir les cartons de la voiture. Mais quelle idée que ce soit si lourd aussi !
12h23. Bonjour Gentil Voisin qui me draguait il y a quelque temps, ceci ne sont pas des avances mais pourrais-tu m'aider à sortir de la voiture mon meuble qui pèse un âne mort ?
12h27. Merci Gentil Voisin ! Je traîne les cartons par terre de la terrasse au salon.
12h30. Bon, comment je monte tout ça à l'étage, moi ?
12h32. J'ouvre les cartons et je monte l'ecalier avec les pièces détachées.
12h38. Il y a beaucoup de pièces.
12h54. Déballage de la notice. Ils conseillent de répertorier toutes les planches, toutes les vis, etc...
13h08. Sans déconner, quand il y a 2 mm de différence entre deux vis, je ne peux VRAIMENT PAS considérer que c'est les mêmes ?
13h17. Tout est trié, rangé, étiqueté. Je peux attaquer le montage. La notice annonce 2h.
13h38. J"ai faim. Bon, il y en a pour 2h alors je mangerai quand j'aurai fini.
14h27. Connasse de vis, veux-tu bien entrer droite dans cette connasse de planche ?
14h58. Plus de batterie pour la visseuse, j'attaque au tournevis pendant que ça charge.
15h32. Laquelle c'est la planche numéro 12, hein ???
15h35. Putain de post-its qui s'envolent avec les numéros marqués dessus !!!
15h37. Ah, c'est celle-là la planche numéro 12 ! J'étais assise dessus.
16h04. Je devrais déjà avoir fini. Et j'ai toujours faim en plus.
16h26. Hmmmmm des tartines de confiture ! Ah non, faut finir d'abord.
17h08. J'en ai marre.
17h31. Mais visse, bordel de con de truc ! T'es visseuse ou t'es pas une visseuse ? Alors, visse !!!!
17h48. J'ai une crampe à la main. Et j'ai mal au dos. Et aux bras.
17h59. J'ai finiiiiiiiiii ! Ouais ! Ouais ! Ouais ! Danse de la joie et amour sur la terre !
J'ai donc mis 4h30 à monter un meuble. Qui, paraît-il, était montable en 2h. Mais il est très réussi, tout bien droit, avec des portes qui ferment nickel. Même le tiroir s'ouvre, c'est dire ! Et le Sicilien m'a félicité.
Par contre, quand il m'a suggéré de faire l'amour dessus, j'ai été catégorique : j'ai refusé. Pour qu'il y ai une vis qui se fasse la malle, merci bien !
hein qu'il est beaaaaau mon meuble !
Merveilles de Langue Française et Autres Raisonnements Alambiqués
Bon, j'ai bientôt fini mes jours dans cette prison-bureau où je suis sous la garde rapprochée de Boss Taré.
Au début, ça m'a gonflé de perdre mon boulot pour rien. Surtout pour rien. Mais maintenant, j'ai atteint un taux de je-m'emmerde-je-veux-me-barrer optimal. J'ai bouclé mes dossiers, j'ai tout transmis à Meilleure Amie Bis (qui, j'en suis sûre, remercie intérieurement Boss Taré pour cette agréable surchage de travail qui va égayer ses journées) et, à présent, je me glande consciencieusement 7h par jour derrière mon ordi. Faut pas pousser hein, je ne vais pas m'investir sur les derniers jours. De toutes façons, je me suis investie pendant un an pour le résultat que vous savez, donc...
Du coup, j'ai envie de partir. Du coup, j'étais sûre que je n'allais rien regretter, que rien n'allait me manquer.
Que nenni, petite présomptueuse que je suis !
Il y a une chose que j'avais sous-estimée. Une chose qui me remontait le moral pendant les moments difficiles. Une chose qui me faisait chaud au coeur. Une chose qui arrivait toujours à déclencher chez moi un rire (plus ou moins) intérieur...
J'ai nommé la pratique hasardeuse du français par Boss Taré. Morceaux choisis :
"Je finis de t'expliquer et je te laisse retourner à tes esgourdes". Ca voulait dire qu'il me laissait retourner à mes occupations. Faut dire que j'aurais eu du mal à retourner à mes oreilles, hein puisqu'elles me suivent partout, placées de chaque côté de ma tête.
"Il faut en prendre soin, comme à des petits pains." Vous imaginez, si vous ne preniez pas soin des petits pains, hein ? Et bien, vous n'auriez plus que la prunelle de vos yeux pour pleurer. Et ouais.
"Les produits complémentarisés de la gamme". Non, n'insistez pas, vous voyez bien que vous ne saurez pas ce qui est complémentaire aux produits, non ?
"Qui peut le plus peut le moins, comme pour les omelettes". Ne me demandez pas la signification de celle-ci, je cherche encore. Mais, comme pour les omelettes, il est rare que Boss Taré fasse une phrase sans casser des oeufs.
A Meilleure Amie Bis, qu'il appelait sur son portable durant son après-midi de congé "Excuse moi de te molester...". La prochaine fois qu'il me dérangera, je le molesterai, ça lui en apprendra peut-être la définition.
Parfois, à ma grande joie, Boss Taré se risquait à des raisonnements d'une profondeur philosophique insoupçonnée.
"Un être d'amour rayonne de la lumière". J'aurais dû penser à lui coller une margurite dans les cheveux et un joint dans la main, ça l'aurait peut être remis en phase avec son Lui intérieur.
"Non, mais j'ai rien contre les homos moi, mais quand même pas dans la rue... Je ne sais pas moi, ils pourraient se cacher, non ?" Bah en fait, non. Mais si tu as d'autres questions homophobes, n'hésite pas à faire appel à moi hein.
"Les emails et la technologie moderne pourrissent le monde des êtres hûmains". C'est sûr qu'au Pays des Petits Poneys, ils s'en cognent. Sur la planete des Chevaliers du Zodiaque aussi.
"Je ne dois pas te dire de faire les choses, tu dois faire ce qu'il faut faire et que je ne dis pas comme si je te le disais". ..... Serai-ce là la vraie raison de mon licenciement ? Humhum
"Non mais j'ai tout compris, le nouveau commercial ne veut pas se montrer sur Skype parce qu'il est noir... Remarque je le comprend". Tolérance / ouverture d'esprit / paix dans le monde. Euh sinon, c'est pas un peu illégal ce genre de paroles ?
Enfin, je garderai un pincement ému dans mon coeur pour les expressions très personnelles de Boss Taré. Lesquelles m'en apprenaient beaucoup sur sa complexe personnalité, scientifiquement appelée : je-suis-frustré-car-je-n'ai-pas-fourré-ma-nouille-depuis-des-mois.
"Il faut connaître la couleur de son slip" : s'utilise dans le cas où l'entreprise voudrait mieux connaître un éventuel futur collaborateur.
"Tu n'as qu'à violer la standardiste" : en mission de prospection, action de réussir à passer le barrage du standard d'une entreprise.
"se branler le cul" : action de ne pas avoir d'action. Synonyme de glander, ne rien foutre, se tourner les pouces.
"quelqu'un qui n'a plus de pile dans son gode" : état d'énervement non expliqué d'une personne
J'avoue donc que ces petits moments de poésie linguistique me manqueront... Heureusement, Meilleure Amie Bis a promis de me les noter après mon départ pour que je continue à en profiter !




